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Pour une plus grande considération de la surdité sur le territoire

26/10/18

 

 

Depuis maintenant 20 ans, l’Association pour la surdité (APS) de Nouvelle-Calédonie œuvre en faveur des personnes vivant avec ce « handicap invisible », évoqué par sa présidente Érika Nicholls. Le travail de l’association, lui, est bien visible aussi bien dans les écoles que sur le net. Rencontre.

 

Erika Nicholls s’efforce, aux côtés d’Isabelle Massaux, coordinatrice de l’association,  et de ses huit autres membres de faire reconnaître les droits des personnes sourdes et malentendantes, notamment dans les lois de pays. Mais le tout premier cheval de bataille de l’APS se trouve actuellement dans les écoles. L’accompagnement scolaire d’enfants sourds et malentendants, c’est le principal domaine dans lequel interviennent les 5 professionnels de l’association. De la crèche jusqu’au baccalauréat, ce sont une vingtaine d’enfants qui sont suivis 5 à 7 heures par semaine chacun, par des professionnels de la communication dédié à la surdité, spécialisés en langue des signes française et ou en langage parlé complété (LPC).

 

Au programme de ces interventions : une véritable inclusion des élèves en situation de handicap dans une classe dite « ordinaire », grâce à un travail de collaboration avec les enseignants. « Les techniciens du langage qui s’occupent de chaque enfant essayent de se faire le plus discrets possible. Pour qu’ils puissent travailler sur de la lecture, de l’expression orale et de l’écriture dans des domaines variés comme le français, les maths et l’histoire-géo. Mais aussi pour qu’ils puissent faire partie intégrante de la classe. Par exemple, lorsqu’un copain ou une copine fait une blague ou bien lorsqu’ il y a une intervention en classe, tout est traduit », lance Isabelle Massaux. Et si le suivi est personnalisé et encadré, il ne permet pas à l’heure actuelle de répondre à l’ensemble des besoins, puisqu’ils seraient plus de 80 enfants sur le territoire à vivre avec ce handicap. « Comment font les autres enfants [qui n’en bénéficient pas, NDLR] ? », s’interroge la présidente.

 

Outre la reconnaissance des droits des personnes sourdes et malentendantes et les interventions en milieu scolaire, les membres de l’association œuvrent en faveur d’un environnement plus accessible dans tous les aspects de la vie quotidienne de ceux qui ont « une petite oreille cassée», comme ils le disent. « Nous travaillons avec les organisateurs d’événements culturels comme les Nuits des musées, les Journées du patrimoine ou bien le personnel de la bibliothèque Bernheim pour faire en sorte qu’ils soient accueillis comme tout le monde. Nous avons récemment réalisé une formation auprès du personnel du musée afin qu’ils puissent accueillir une personne sourde ou malentendante » ajoute Isabelle Massaux.

 

L’utilisation des nouvelles technologies pourrait être une réponse et un outil majeur dans l’accession à une plus grande autonomie pour ces personnes. « En France, la technologie bluetooth se développe pour les personnes ayant des implants cochléaires. Ici, cela prend du temps… », regrette la présidente. Un virage numérique qu’a toutefois su prendre l’association à travers une chaîne youtube qui propose des vidéos en langue des signes française, autour d’événements culturels et d’information générale. Une belle initiative que souhaitent pérenniser les professionnels de l’association qui poursuivent un travail de tous les instants, afin de contribuer à ouvrir, pour ces personnes en situation de handicap, de multiples perspectives d’avenir.

 

Légende photo : EriK Nicholls la présidente (à gauche) et Isabelle Massaux la coordinatrice (à droite)